Citoyenneté, Mobilisation

Désobéissance civile en Afrique du Sud

Groot Apartheid lors de l’élection du Parti National

L’année 1913 marque l’entrée en vigueur du Native Land Act, qui prive les non-blancs de la possession et de l’exploitation de 87% des terres sud-africaines. Deux ans auparavant, les emplois miniers les mieux qualifiés avaient été réservés aux blancs. Quelques décennies plus tard, les noirs sont relégués dans les quartiers périphériques, qui sont des bidonvilles. Peu à peu, le parlement sud-africain retire leur inscription sur les listes électorales de la province du Cap (1936), le droit de grève (1942), les oblige à porter un laissez-passer pour sortir de leurs zones réservées ou encore créer des placements séparés dans les transports en commun, les toilettes ou les entrées des gares. Cette première moitié du XXème siècle est donc empreint d’une succession de lois ségrégationnistes caractérisées comme « petty » (mesquin, en anglais), qui se distingue d’un apartheid souvent appelée « groot » (grand, en afrikaans) mis en place à partir de 1948. Le Parti National arrive au pouvoir et instaure ouvertement le « développement séparé » des blancs et des non-blancs, qui devient la clef de voûte de la politique sud-africaine. A titre d’exemple, quatre catégories raciales sont créées (métisses, noirs, asiatiques et blancs) pour le recensement et l’interdiction des mariages et des relations sexuelles interraciales sont inscrites dans la loi.

26 juin 1952 : apogée de la defiance campaign

Suite au durcissement des politiques discriminatoires, un mouvement contestataire non-violent s’organise autour de la figure de Nelson Mandela. Une grande campagne est lancée le 6 avril 1952, pendant que les blancs fêtent la date-anniversaire de l’arrivée dans la ville du Cap. Le 26 juin, de grandes manifestations pacifistes ont lieu dans les principales villes, les noirs brûlent leur laissez-passer, pénètrent dans les zones réservées aux blancs, boycottent les bus ou bravent le couvre-feu. Durant plusieurs mois, les noirs sont appelés à intensifier les grèves, boycotts et autres actions. Certains sont arrêtés et condamnés à verser des amendes, voire à des peines de prisons.

Rayonnement au-delà des frontières

Si cette campagne de désobéissance civile passive ne parvient pas à atteindre les objectifs d’égalité et de justice internes et se solde par une répression renforcée de la part du gouvernement sud-africain, quelques points clefs sont cependant mis en avant. D’une part, l’opposition gagne en nombre et en force et accentue sa visibilité hors de ses frontières. Ainsi, une « opposition internationale à l’apartheid » se forme peu à peu. D’autre part, les institutions internationales prennent également conscience de la gravité de la situation : par exemple, l’ONU incite le gouvernement à abandonner sa politique discriminatoire et finit, en 1963 puis en 1977, par déclarer un embargo sur la vente et la livraison d’armes, de munitions et de véhicules militaires.

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