Citoyenneté

Dossier : Marcher pour résister

La non-violence comme mode de lutte

De nos jours, le rapport de force entre une population et son gouvernement est bien souvent violent. Les moyens technologiques déployés pour faire taire et réprimer les mouvements sociaux ne cessent de se perfectionner. Et si la solution était la non-violence?

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Les mouvements non-violents et leurs leaders sont souvent perçus comme naïfs et idéalistes. Pourtant, l’histoire montre que les marches pacifistes et de désobéissance civile, peuvent porter leurs fruits. La désobéissance civile voit le jour en 1856 lorsque l’états-unien Thoreau refuse de payer ses impôts qui financent l’esclavage et la guerre au Mexique et conteste ainsi la complicité silencieuse de ces injustices. Dans les années 1970, Gene Sharp est surnommé « Clausewitz de la guerre non-violente » car il développe le concept de non-violence. Selon lui, cette démarche est un choix stratégique : il s’agit du moyen le plus efficace face à la supériorité d’un oppresseur. En effet, « en plaçant sa confiance dans les moyens violents, on choisit le type même de lutte dans lequel les oppresseurs ont presque toujours la supériorité ». Sharp théorise au total 198 moyens d’actions collectives non-violentes qu’il classe en trois catégories : les méthodes de protestations et de persuasions non-violentes ; les méthodes de non-coopérations sociales, économiques et politiques ; et les méthodes d’interventions non-violentes des domaines psychologique, physique, social ou politique.

Relevant de la première catégorie, les marches pacifistes, les manifestations ou les veillées se veulent constructives. Organisées et concrètes, elles s’exposent à la sanction, voire à la répression. En effet, elles créent une pression politique et sociale afin de faire réagir ses opposants, en l’espèce les gouvernements, et ce sans recourir à la violence.

Beaucoup estiment alors que ces actions ne sont que peu efficaces puisque les gouvernements et les institutions peuvent simplement décider de les ignorer. Or, c’est sans compter sur les médias qui, aujourd’hui, relayent ces mouvements de sorte que nul ne peut ignorer une action collective de grande ampleur, médiatisée. L’opinion publique a un grand rôle à jouer. Lorsqu’un peuple entier descend dans la rue pour faire entendre ses protestations, son gouvernement ne peut le faire taire autrement que par la menace et la peur, d’autant que la communauté internationale défendant les droits de l’homme est censée réagir aux répressions violentes. Soyons réalistes, ce n’est pas toujours le cas et l’écrasement des manifestations chinoises ou syriennes en sont de bonnes illustrations. Pourtant, sans tomber dans l’utopie, on ne peut nier que des mouvements populaires ont eu une réelle incidence :

Carl Von Clausewitz est un officier prussien à l’origine de la polémologie (la théorie de la guerre). D’après lui, « La guerre n’est qu’un prolongement de la politique par d’autres moyens ». Dès lors il légitime la guerre en tant qu’outil pour imposer sa volonté sur ses adversaires. Celle-ci devient la norme et non pas l’exception. Gene Sharp, a contrario, estime qu’une lutte efficace est nécessairement non-violente. Stratégiquement, les marches pacifistes ont plus de chance d’aboutir car elles utilisent des moyens que l’État ne possède pas : la force des foules et le soutien de l’opinion publique.

Noémie Aubel, Leïla Peltier-Bonneau, Claudia Pereira Da Cunha

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