Citoyenneté, Portraits

Le Dalaï-Lama, Océan de Paix


Le Dalaï-Lama actuel est né en 1935 et est issu d’une famille de fermiers vivant à Takster, au Nord-Est du Tibet. A l’âge de deux ans, il est reconnu comme étant la réincarnation du 13ème Dalaï-Lama. Il est intronisé à treize ans à Lhassa, la capitale du Tibet et est donc le 14e du nom et se fait appelé Sa Sainteté. Il se nomme en fait Tenzin Gyatso.


La paix intérieure face à l’agression armée

Le titre de Dalaï-Lama correspond pour les Tibétains à la distinction la plus haute pour un chef spirituel du monde bouddhiste. Le mot « Dalaï » vient du mongol, qui veut dire « Océan » et le mot « Lama » est la traduction tibétaine de l’idée de « guru ». En quelque sorte, le Dalaï-Lama est un « océan de sagesse ». Le Tibet étant une théocratie bouddhiste, les pouvoirs politiques et religieux se confondent :  le Dalaï-Lama cumule traditionnellement les pouvoirs spirituels et temporels, à savoir qu’il est en même temps un sage bouddhiste, le chef du gouvernement et de l’Etat.

Le bouddhisme, une religion ?

Le bouddhisme n’est pas une religion et ne propose pas de dogmes : il s’agit d’un mode de vie fondé sur l’idée que l’homme est l’artisan de sa souffrance et donc également de sa délivrance. L’individu se situe donc au centre des préoccupations : l’intelligence de son raisonnement a certes été mise au service de la violence et de la haine mais peut, par le même procédé, être utilisée positivement. Le Dalaï-Lama parle de « famille humaine » : les actions d’un individu auraient des conséquences sur la société toute entière, telle une toile d’araignée dont on toucherait un fil. Partant de ce principe, le porte-parole de la branche tibétaine du bouddhisme prône l’idée que la paix naît d’abord de l’individu avant de se propager dans la société puis à l’international. Ainsi, l’harmonie intérieure (conçue comme le droit au bien-être, à la satisfaction, à la plénitude, à la sérénité, etc) serait le point de départ, crucial, d’une société mondiale pacifiée. Cette philosophie est profondément optimiste : il est dans les capacités de chaque homme et femme d’atteindre la paix intérieure.

L’amour et la compassion, conditions de la non-violence

Il convient donc à chacun de nous de développer les sentiments d’amour, de compassion et d’altruisme. Lors de la dernière invasion du Tibet par la Chine en 1950, le Dalaï-Lama, alors âgé de 14 ans, se voit obligé de s’exiler. S’il ne cesse de prôner l’importance d’un dialogue ouvert et de négociations, il ne pourra empêcher plusieurs massacres, dont celui de 1959 où le nombre de morts est estimé à plus de 80 000. Pourtant, le Dalaï-Lama ne peut se résoudre à accepter la violence : il estime que la force du peuple tibétain réside dans la vérité, la justice et la raison et encourage donc les actions pacifistes. Par ailleurs, le Dalaï-Lama milite pour le désarmement et pour la création de zones de paix. Il soutient, à l’instar du Tibet, l’autodétermination des peuples.

Une impasse politique

Le Dalaï-Lama vit actuellement à Dharamsala, au Nord de l’Inde, où il a fait voter une Constitution fondée sur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et a créé un Parlement Tibétain. En 2011, un gouvernement est élu démocratiquement, par les membres de la communauté en exil, et le Dalaï-Lama renonce à son rôle de chef politique en faveur d’un Premier ministre. Cette démocratisation des institutions tibétaines peut laisser penser à une volonté de s’intégrer davantage sur la scène internationale afin de s’y faire mieux entendre.

Enfin, après avoir déclaré vouloir être réincarné en une femme, « car elles ont plus d’influence sur la société », il a en 2014 également émis l’idée qu’il pourrait être le dernier de la lignée. Une manière de contrer la Chine, qui a déjà revendiqué la légitimité de choisir le prochain Dalaï-Lama ?

Pour reconnaître la réincarnation du Dalaï-Lama, les maîtres spirituels bouddhistes se basent sur les écrits et les indications du précédent Dalaï-Lama et sur la capacité de l’enfant à reconnaître des objets ayant appartenu à son prédécesseur ou à raconter précisément la vie de son prédécesseur. Les maîtres reçoivent également des visions et des indices lors de leurs méditations et de leurs transes.

Il reçoit le Prix Nobel de la Paix en 1989 au nom de son combat pour la liberté tibétaine et son message de non-violence.

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