Citoyenneté, Portraits

Martin Luther King, leader de la non-violence

« La non-violence est une manière de vivre pour gens courageux »

Dans un contexte ségrégationniste et entaché par les violences raciales et les discriminations, Martin Luther King, figure emblématique de la lutte pour les droits civiques, engage une lutte non-violente pour la reconnaissance de l’égalité aux États-Unis.


Biographie: 

Né en 1929 à Atlanta, il choisit d’étudier la théologie et embrasse une carrière de pasteur baptiste dans la ville de Montgomery. Son action se concentre sur la reconnaissance des droits civiques, la lutte contre la pauvreté et la discrimination et plus largement la promotion de la paix. Président et porte-parole de mouvements afro-américains, il participera à de nombreuses manifestations, marches et boycotts. Malgré ses nombreuses arrestations, il continue ses actions en prônant sans cesse la non-violence. Son combat est récompensé par plusieurs distinctions à l’image du prix Nobel de la paix (1964), de la médaille présidentielle de la liberté (1977), du prix des droits de l’Homme des Nations Unis (1978) et de la médaille du congrès (2004). Il est finalement assassiné en 1968 à Memphis par un ségrégationniste blanc.


Sa philosophie s’inscrit dans une certaine continuité des préceptes de la non-violence de Gandhi pour promouvoir le pacifisme. D’après lui, il existe trois façons différentes d’agir face à l’oppression :

  • L’acceptation : être passif et collaborer.
  • La violence physique : cependant, elle est inefficace car « la violence est immorale puisqu’elle est basée sur la haine et non sur l’amour, elle détruit la communion et rend impossible la fraternité humaine». Elle « engendre un cycle infernal conduisant à l’anéantissement ».
  • La résistance non-violente : il faut « convaincre l’adversaire de son erreur. (…) Il ne faut ni vaincre, ni humilier son adversaire mais conquérir sa compréhension et son amitié ».

Par conséquent, sa stratégie d’action consiste à utiliser des moyens non-violents qui sont en adéquation avec ses préceptes religieux et permet de parvenir à réaliser ses objectifs, de manière saine et non dans la haine.

Aux sources des mouvements afro-américains

En décembre 1955, des afro-américains protestent à Montgomery contre l’arrestation de Rosa Parks. La dénonciation de la ségrégation raciale prend donc au départ la forme d’un boycott des bus. Face au succès de cette première action, les leaders décident de créer le Montgomery Improvement Association (MIA) avec M.L.King comme président, afin de coordonner leurs actions. C’est donc à cette occasion que M.L.King prononce son premier discours sur les droits civiques. Il fait appel aux qualités acquises grâce à ses formations religieuses et académiques pour développer une stratégie d’action appelant les personnes fréquentant les églises noires mais également les communautés blanches. Il adopte donc une approche inclusive de la lutte pour l’égalité. La publication de son premier livre Stride Toward Freedom: The Montgomery Story lui permet de gagner en notoriété, notamment au niveau national comme leader des droits civiques et de la non-violence. En 1957, il rejoint Steele Shuttlesworth et Jemison afin de fonder la Southern Christian Conference (SCLC) dont il prend la présidence pour coordonner les actions non-violentes contre la discrimination.

Un combat qui s’inscrit dans la durée

L’objectif de M.L.King est d’obtenir une reconnaissance juridique des droits civiques des noirs. Au début des années 1960, les Etats-Unis sont sujets à une incrimination raciale extrême et plusieurs manifestations pacifistes s’achèvent dans la violence, réprimées par les autorités. Dans ce contexte, M.L.King participe à l’organisation d’une manifestation de grande ampleur à Birmingham, le jour du vendredi saint afin de créer un parallèle entre pacifisme et prière religieuse. Il établit le « Projet C » (C pour confrontation) où l’organisation doit se faire par étapes, en commençant par des sit-in, puis des boycotts et enfin des manifestations quotidiennes. Le but de M.L.King est de prôner la désobéissance civile : une résistance pacifique mais active. Les images reportées de la violence, cette fois-ci policière, choque l’opinion publique d’autant plus qu’elle est dirigée contre des jeunes manifestants. Cette violence, couplée au refus du gouverneur de l’Alabama d’accepter des étudiants noirs à l’université, pousse le président J.F.Kennedy à proposer une législation sur des droits civils égaux. Les manifestations de Birmingham restent parmi les protestations les plus massives encore à ce jour. L’objectif de M.L.King a donc été rempli : l’attention a étét attirée sur la cause noire au niveau national et international et l’accord « The Birmingham Truce Agreement » a été conclu. Au cours de ces évènements, M.L.King rédige sa « Lettre d’une prison de Birmingham » qui est un manifeste de sa philosophie non-violente. Il y explique que le succès d’une action ne peut s’obtenir que par la négociation non-violente, il faut donc favoriser le dialogue de façon routinière afin que le résultat soit « gagnant-gagnant ».

Le tournant de Washington

L’une des actions emblématiques de M.L.King est sans nul doute sa participation à la marche de Washington du 28 août 1963. Celle-ci est le résultat d’alliance de plusieurs organisations de droits civiques, syndicales ou religieuses. C’est durant cette marche que M.L.King prononcera son discours le plus célèbre « I have a dream », qui témoigne de son approche pacifiste : « Nous ne devons pas satisfaire notre soif de liberté en buvant à la coupe de l’amertume et de la haine. Nous devons toujours mener notre lutte sur les hauts plateaux de la dignité et de la discipline. Nous ne devons pas laisser nos revendications créatrices dégénérer en violence physique. ». M.L.King a conscience que ce message ne peut passer que par le pacifisme car la violence et l’égalité sont des valeurs antinomiques. En effet, il explique que « répondre à la haine par la haine, c’est augmenter la somme du mal qui existe sur terre ».

Des revendications multiples

M.L.King prend également position contre la guerre du Vietnam avec son discours « Au-delà du Vietnam : le moment de briser le silence » (1967). Il est contre cette violence qui est contre-productive et n’est qu’un gaspillage de ressources qui auraient été utiles à la diminution de la pauvreté et à la correction des injustices et inégalités raciales et sociales. Selon lui, les États-Unis sont « le plus grand pourvoyeur de violence du monde » et occupent le Vietnam comme une colonie dans une approche impérialiste. Aux critiques qui l’accusent de s’éparpiller, il répond qu’il ne compte pas se limiter aux droits des noirs mais s’adresse à tout le pays. La guerre du Vietnam entache l’histoire des États-Unis de part sa violence et son illégitimité. Sa prise de position lui vaut de nombreuses critiques des médias. Il rétorque en  accusant la presse d’être à double vitesse. Selon lui, elle n’est favorable à la non-violence qu’à l’intérieur du pays même et applaudit le recours à la force dans les interventions à l’étranger. Il défend donc la non-violence au niveau universel.

Une action inachevée

Le 4 avril 1968, M.L.King est assassiné au balcon du Lorraine Motel à Memphis, alors qu’il menait une campagne de soutien aux éboueurs de la ville. C’est un véritable choc pour le pays qui conduit le président Johnson à déclarer un jour de deuil national, le premier en mémoire d’un afro-américain. Le New York Times lui rend mémoire en le décrivant comme « le chef de file de millions de personnes qui luttent de manière non-violente pour la justice sociale ». James Earl Ray est condamné à perpétuité pour ce meurtre, toutefois de nombreuses théories complotistes ont vu le jour autour de sa mort. Pour certains, il aurait été éliminé car son approche non-violente devenait trop dangereuse pour l’ordre social établi. En effet, il prévoyait après Memphis de marcher à nouveau à Washington pour contraindre le Congrès à adopter une loi effective pour lutter contre la pauvreté.

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