Communautés internationales, Paix et sécurité internationale

Intervention humanitaire : la responsabilité de protéger

La responsabilité de protéger, abrégée R2P, est une notion nouvelle de droit international servant à légitimer une action humanitaire d’un Etat sur le territoire d’un autre État. Employée pour la première fois à propos de la Libye, elle est mise en avant par l’ONU depuis 2011.

Des origines anciennes

Selon Cicéron, le fait de « ne pas défendre quand on le peut, ceux que l’on voit exposés à recevoir quelque injure, c’est une chose aussi criminelle que d’abandonner, dans un besoin, son père ou sa mère, ses amis ou sa patrie ». La responsabilité de protéger est un concept d’intervention humanitaire qui trouve ses racines dans les caractéristiques de la guerre dite “juste” : autorité légitime, bonne intention, proportionnalité, chances de réussite raisonnables et dernier recours. Ce dernier critère remonte à la Chine antique : « ce n’est qu’en dernier ressort qu’on fait usage des armes et des cuirasses », d’après Huainan Zi en 139 av. JC. La R2P désigne aujourd’hui le fait que les États n’ont ni le droit, ni le devoir, mais la responsabilité de protéger leur population de la famine, de la pauvreté, des catastrophes naturelles, de la violence, etc. Si l’État opprime ses citoyens ou, pour une quelconque raison, ne peut subvenir à sa sécurité, la R2P revient à la communauté internationale qui peut, légitimement, intervenir.

Le Kosovo : une intervention légitime ?

La Charte des Nations-Unies proscrit le recours à la force sans aval du Conseil de Sécurité. En 1999, alors que le concept de R2P n’en est encore qu’à ses balbutiements et n’est pas encore formalisé, l’OTAN intervient de son propre chef au Kosovo où se déroule un conflit particulièrement sanglant. Cette opération divise l’opinion des forces alliées : elle n’est certes pas légale, mais est-elle légitime ? L’OTAN invoque alors la protection des droits de l’homme et ouvre une porte pour de possibles réformes du droit humanitaire international.

La Libye : institutionnalisation de la R2P

Ces réformes voient le jour au moment du conflit libyen : en février 2011, les révoltes débutent à Benghazi et s’étendent rapidement jusqu’à Tripoli. La violence de la réponse de Kadhafi ne se fait pas attendre : en quinze jours, 600 personnes trouvent la mort. Le Conseil de Sécurité de l’ONU réagit en évoquant des “attaques systématiques et généralisées” à l’encontre des populations civiles. Pour la première fois, cette résolution fait explicitement mention de la R2P : l’ONU ouvre une brèche pour une possible intervention humanitaire au nom des droits de l’homme, qui sera autorisée dans une deuxième résolution.

Une violation de souveraineté ?

La R2P fait débat sur la scène internationale car il implique une violation de souveraineté de l’État où a lieu l’intervention, alors même que le principe d’indépendance est au cœur du système international. Par conséquent, la non-ingérence a longtemps été le corollaire de la souveraineté. Cependant, la fin de la Seconde Guerre Mondiale ouvre une ère où l’individu et ses droits deviennent le coeur d’un système qui doit évoluer. En effet, n’y a-t-il pas une certaine opposition entre l’interdiction de l’usage de la force et la protection des droits de l’homme ?


Comprendre le conflit libyen

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