International, Politique

Les relations sino-américaines sous le président Trump

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Après moins de quarante ans de relations diplomatiques officielles, la relation sino-américaine est devenue une des relations bilatérales les plus importantes du monde. Non seulement les États-Unis et la Chine représentent les deux plus grandes économies du monde, avec des importations chinoises aux États-Unis à hauteur de 400 milliards d’USD par an, mais en plus, la Chine a renforcé sa position de puissance mondiale ces dernières années. La forte présence militaire de la Chine dans la région, notamment en Mer de Chine, et sa puissance diplomatique consolidée vis-à-vis de la République populaire Démocratique de la Corée, font d’une relation sino-américaine forte indispensable au maintien de l’ordre mondial.

Comme n’importe quelle relation internationale, la relation entre les chefs d’Etat des deux nations est extrêmement importante. Le président chinois Xi Jinping, en fonction depuis 2012, a, malgré quelques négociations complexes comme pendant l’Accord de Paris sur le Climat et l’accord de Partenariat Trans-Pacifique, entretenu une relation positive et constructive avec l’ancien président américain Barack Obama. Cependant, avec le changement de gouvernement américain cette année, cette relation va probablement changer.

Même avant que Donald Trump ne soit entré en fonction, celui-ci critiquait déjà fortement la Chine pour de nombreuses raisons, un fait qui pourrait eu un fort effet négatif sur la relation. Ainsi, il a déclaré que la Chine « viole le pays » (sous entendu les États-Unis) et ce à cause du déficit commercial que les Etats-Unis ont envers la Chine, qu’il a accusé de ruiner l’économie américaine. Trump a même prétendu que le réchauffement climatique était un canular créé par les Chinois pour rendre l’industrie américaine non-compétitive. En tant que président élu, M. Trump s’est entretenu au téléphone avec son homologue taïwanais – un affront envers la Chine qui ne reconnaît pas l’indépendance de Taiwan et une pause dans la politique étrangère américaine qui jusque-là s’adressait à une Chine unique (One-China Policy). Pourtant, malgré ces signes négatifs, les premiers mois de l’administration de Trump annoncent un début prometteur d’une relation sino-américaine positive.

Dès le début, Xi Jinping et le gouvernement chinois ont semblé penser qu’ils pourraient « gérer » le Président Trump, et auraient peut-être même le dessus dans la relation sino-américaine, ce qui n’était pas le cas sous l’administration Obama. Le Chinois a fait les choses à « la façon de Trump » pour le persuader d’aller dans leur sens. Cela inclut de travailler avec sa fille et son beau-fils, respectivement Ivanka Trump et Jared Kushner, et d’organiser le sommet chinois-américain en avril à l’hôtel favori de Trump à Mar-a-Lago. En comprenant que Trump appréciait les solutions rapides et à court terme, M. Jinping a aussi fait des promesses en vue d’aider les États-Unis à contrôler le risque d’agression nord-Coréenne. Ainsi, les Chinois ont entrepris des sanctions commerciales et ont signé le plan d’Action Économique de 100 jours (100 Day Economic Plan) avec les États-Unis. Ces actions étaient faciles à mettre en place et n’ont rien coûté aux Chinois, mais elles ont donné l’impression aux États-Unis qu’ils étaient favorables à l’idée de travailler avec eux. Jusqu’ici, cette tactique semble marcher, puisque le président a cessé ses déclarations anti-chinoises, qui étaient pourtant si communes pendant sa campagne.

Actuellement, on se pose la question : combien de temps va durer cette période de “lune de miel » ? Ces dernières semaines, certains conflits ont commencé à surgir et semblent indiquer que la relation entre les deux nations est peut-être moins rose que Jinping et Trump ne veulent bien l’admettre. L’exemple le plus évident est le récent essai nucléaire en Corée du Nord. Malgré la promesse de Xi Jinping selon laquelle la Chine allait instaurer des sanctions économiques plus fortes sur la République populaire Démocratique de la Corée, Trump a bien dû admettre, dans un tweet récent, que la Chine n’avait pas honoré sa part du contrat comme il l’avait espéré. Un autre signe que la relation peut vite se refroidir est une provocation dans la Mer de Chine méridionale. Un navire de guerre américain, l’USS Stethem, est passé près de l’Île de Triton, une partie de l’archipel des Îles Paracel revendiquée par la Chine, ce à quoi Pékin a répondu en envoyant des navires de guerre et des jets.

En se tournant vers l’avenir, l’administration de Trump doit changer s’il souhaite maintenir une relation profitable de confiance avec la Chine qui sert les intérêts américains. Concernant le partenariat économique, les États-Unis devraient se battre contre les mauvaises pratiques chinoises qui nuisent directement aux États-Unis, comme le blocage de certains investissements étrangers ou le refus de visas aux intellectuels et journalistes. En matière diplomatique, les États-Unis doivent maintenir un bon réseau d’alliés dans la région asiatique, ce qui inclut le Japon et la Corée du Sud, et maintenir les chaînes de communications ouvertes entre les officiels américains hauts placés et leurs homologues chinois.

Dans le cas de la menace nord-Coréenne, les divisions entre les États-Unis, la Chine et la Corée du Sud participent à entretenir la puissance de Pyongyang. La Chine craint, si elle coupe le commerce avec la Corée du Nord, de voir s’écrouler le régime et ainsi augmenter la possibilité d’une réunification de la Corée, ce qui constituerait une grande menace pour la puissance régionale qui est la Chine. Pour neutraliser la menace nucléaire de la Corée du Nord, les États-Unis devraient construire un accord semblable à l’Accord Nucléaire conclu avec l’Iran, rompu par l’administration Obama en 2015. Pour garder la situation dans la Mer de Chine méridionale équilibrée, les États-Unis devraient soigneusement suivre le droit international et maintenir une position impartiale et cohérente pour rester respectés par d’autres nations.

Sous le volatil et diplomatiquement ignorant president Trump, la Chine a une chance d’augmenter son influence sur l’ordre mondial, car la crédibilité américaine à l’étranger est sapée par son nouveau chef d’état inexpérimenté. Xi Jinping a pris l’initiative d’augmenter l’engagement chinois dans des affaires étrangères – une rupture claire dans “la Politique d’Assurance” que la Chine avait suivi depuis la chute de l’Union Soviétique, pour rassurer le reste du monde en ne devenant pas trop puissant. La politique de “One Belt, One Road” créée par Xi Jinping pour développer la coopération chinoise avec ses voisins eurasiens (comme la Route de la soie antique), est un signe clair de son ambition de devenir plus engagé au niveau international. La coopération récente entre la Chine et le Japon aux réunions G20 suit la même logique, tout comme sa participation accrue à l’OMC et aux accords commerciaux internationaux, que les États-Unis, eux, ne veulent pas signer (par exemple le Partenariat Trans-Pacifique (TPP), ou la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures).

En somme, la Chine se tient prête à récolter les fruits des erreurs diplomatiques de l’hyperpuissance américaine. Elle occupe l’espace international, là où les États-Unis se défilent. À la lumière de la croissance de l’influence chinoise et des menaces de sécurité régionale, dues notamment aux agissements de la Corée du Nord, le Président Trump doit continuer à travailler main dans la main avec la Chine. Non seulement pour le gain des États-Unis, mais aussi parce qu’une relation sino-américaine positive aidera à préserver la sécurité mondiale et cultiver la croissance économique dans le monde entier.

U.S.-China relations in 2017

The Chinese American-relationship, after less than forty years of normal diplomatic relations, has nonetheless become one of the most important bilateral relationships in the world. Not only do the United States and China represent the world’s two largest economies, with Chinese imports to the U.S. totaling  over 400 billion USD yearly, but China’s importance as a strategic global power has also grown significantly in the last decades. China’s strong military presence in the region, for example in the dispute over the South China Sea, and its diplomatic power in face of the Democratic People’s Republic of Korea, also adds to the importance of a strong Sino-American relationship for balancing the present world order.

As any international relationship goes, the relationship between the nations’ leaders is of utmost importance. Chinese President Xi Jinping has been in office since 2012, and despite some complex negotiations such as during the Paris Climate Accord, and the Trans-Pacific Partnership, Xi and former American President Obama enjoyed a positive, constructive relationship. However, the change of American leadership this year will surely cause the dynamics of this relationship to change.

One defining factor in the relationship is that even before Donald Trump came into office he was strongly criticizing China for numerous reasons. He stated that China was “raping the country” because of the American trade deficit with China, which he claimed was ruining the US economy. Trump even famously claimed that global warming was a hoax created by the Chinese to make American manufacturing non-competitive. As president-elect, Trump took a phone call from Taiwan’s president – a snub to China (as it claims Taiwan as a non-independent province) and a break from the United States “One China” foreign policy. However, despite these negative early signs, the first few months of the Trump administration have seen promising start to a positive Sino-American relationship.

From early on, Xi Jinping and the Chinese government have seemed to think they would be able to “handle” President Trump, and perhaps have the upper hand in the Chinese-American relationship, which was not the case during the Obama administration. The Chinese have done things the “Trump way” in order to get on his good side and persuade him to work with them. This includes working with his daughter and son-in-law Ivanka Trump and Jared Kushner, and holding the a Chinese-American summit in April at Trump’s beloved resort in Mar-a-Lago. Understanding that Trump values quick, short-term solutions, Xi has also made promises to help the United States control North Korean aggression through trade sanctions, and has signed the 100-Day Economic Action plan with the U.S. So far, these tactics seems to be working, as Trump has backed down from his anti-Chinese statements that were so common during his campaign.

The question now is: will this “honeymoon period” last? In recent weeks, certain areas of conflict have begun to resurface that signal the relationship between the two nations is perhaps less rosy than Xi and Trump think it is. The most obvious example is another recent nuclear test in North Korea, despite Xi Jinping’s promise that China would place stronger economic sanctions on Democratic People’s Republic of Korea. In a recent tweet, the American president admitted that China was not holding up its end of the bargain as he had hoped. Another sign the relationship may be cooling is a provocation in the South China Sea. An American warship, the USS Stethem, sailed close to Triton Island, part of the Paracel Islands archipelago claimed by China, to which Beijing responded by sending warships and jets to the area.

Looking forward, certain things must change if the Trump administration wishes to maintain a relationship with China that serves American interests. In terms of economic partnership, the United States should push back against Chinese malpractices that directly harm America, such as blocking certain foreign investments or refusing visas to intellectuals or journalists. In terms of diplomacy, the United States must maintain a good network of allies in the region including Japan and South Korea, and maintain open channels of communications between top American officials and their Chinese counterparts.

In the case of the North Korean threat, the divisions between the United States, China and South Korea help keep Pyongyang strong. China fears that if it cuts off trade with North Korea, it would lead to a collapse in the regime and increases the possibility of a reunification of Korea – a big threat to China’s regional power. In order to neutralize the nuclear threat from North Korea, the United States should work to craft a deal similar to the Iran Nuclear Deal closed by the Obama administration in 2015. In order to keep the situation in the South China Sea balanced, the United States should carefully follow international law, which calls for use of tribunals to resolve maritime border issues rather than use of intimidation or force. It should maintain an impartial and consistent stance on the SCS borders in order to be respected by other nations, and not continue displaying such open disregard for international law when it applies to them.

Under the volatile and diplomatically ignorant President Trump, China has a chance to increase its influence on the world order, as American credibility abroad is undermined by its new, inexperienced leader. Xi Jinping has shown initiative toward greater Chinese involvement in foreign affairs– a clear break from the ‘Reassurance Policy’ China had been following since the fall of the Soviet Union, to reassure the rest of the world that it would not become too powerful. Xi’s ‘One Belt, One Road’ policy in which China vows increased cooperation with its Eurasian neighbors (along the lines of the ancient Silk Road), is a clear sign of his ambition to become more involved on the world stage. China’s and Japan’s recent cooperation at G20 meetings follows similar lines, as does its increased participation in the WTO and international trade deals, which the United States is unwilling to sign (think TTP, or the Asian Infrastructure Investment Bank).

In short, China is prepared to pick up the slack in international cooperation where the United States has dropped off. In light of the rise in Chinese influences and regional security threats such as North Korea, President Trump needs to continue to work on the American relationship with China. Not only does the United States stand to gain, but a positive Sino-American relationship will help maintain global security and nurture economic growth around the world.

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