Éducation

La Décolonisation de notre Pensée

Aujourd’hui lorsqu’on parle de diversité à l’école, on pense aussi à comment intégrer  les groupes sociaux défavorisés et minoritaires dans les institutions de la République. Ceux-ci font face à des obstacles supplémentaires qui conduisent parfois à l’échec scolaire puis à la délinquance ce qui peut alors engendrer leur exclusion potentielle de la société. Pourtant, il se peut qu’une intolérance envers eux soit également générée au sein des institutions éducatives, notamment dans les programmes scolaires. Ces derniers sont parfois considérés comme manquant de diversité et n’apportant qu’un point de vue eurocentriste sur le monde, ce qui renforce des stigmatisations dont certaines minorités sont victimes.

Mondialisation, donc intégration de tous

Certes, nous vivons en France, donc nous devons étudier son histoire afin de connaître les faits historiques de notre pays.  Cela n’exclut pas le fait que certains groupes ne sont pas représentés dans cette Histoire. Les acteurs principaux sont des hommes blancs, hétérosexuels, braves, forts, riches et héroïques. On nous parle peu de la lutte des classes, du rôle des femmes et des immigrés ainsi que de la lutte des communautés LGBT+. De plus, nous vivons dans un monde en pleine mondialisation. Conséquemment, nous sommes amenés à entrer en contact avec des personnes de cultures, religions et nationalités différentes de la nôtre. Afin de limiter les hostilités ainsi que les préjugés entre nous, il faut avoir une connaissance de l’autre et de son identité non-méprisante ou fausse. En d’autres termes, la communication entre nous est certes parfois difficile à cause de la barrière de la langue, mais doit se faire afin de mieux comprendre les personnes qui nous sont étrangères. Par ailleurs, le dialogue à l’intérieur des pays doit se faire entre les différentes classes et groupes sociaux. Cela ne signifie point qu’on dit du mal des minorités dans les programmes scolaires, mais qu’elles y sont mal représentées. De plus, la France s’est battue, tant bien que mal, pour que tous ses citoyens aient des droits égaux sur le sol français.

Comment les groupes minoritaires peuvent-ils s’intégrer dans la société lorsqu’on omet leur histoire dans les programmes scolaires ? Ils sont alors conditionnés à reproduire leur statut : toléré par la société mais sans pouvoir devenir des figures importantes. Comment changer la vision d’une personne à qui on répète depuis toujours qu’elle est « supérieure » ? Il ne pourra pas. Sauf si… on mène une décolonisation de notre pensée, qui passe peut-être par une diversification des programmes à l’école.

L’Histoire à plusieurs facettes

Il ne s’agit pas de supprimer toutes nos connaissances antérieures. Il s’agit de collectionner le savoir de personnes d’ethnie, de genre et d’orientation sexuelle minoritaires à travers le globe. Pourquoi ? Nous connaissons déjà les dates de la traite négrière ainsi que de la révolution culturelle en Chine. Cependant, chaque personne vit différemment les événements historiques. Cecil Rhodes, homme d’affaire britannique du XIXème siècle, se réjouissait de l’expansion de l’empire britannique à travers le globe. Ceci lui permettait d’étendre son commerce en exploitant les ressources humaines et naturelles de chaque colonie. Cependant, contrairement au colon britannique, Franz Fanon ne pensait pas que la colonisation était bénéfique et le fait entendre dans ses ouvrages. Le philosophe martiniquais dans les Damnés de la Terre condamne la violence infligée aux peuples colonisés par les européens et ne fait à aucun moment allusion aux points positifs qu’aurait pu apporter la colonisation aux pays d’Afrique ou d’Asie comme l’a fait Cecil Rhodes. Néanmoins, ses travaux comme tant d’autres ne sont pas dans les programmes scolaires car ils ne rentrent pas dans la direction eurocentriste de notre société, dans laquelle on a toujours du mal à assumer les malheurs qu’a infligé la colonisation sur le monde. Par exemple, François Fillon candidat aux élections présidentielles en 2017, ne condamne pas le rôle parfois négatif de l’Empire français dans les colonies. Il est donc clair que chaque histoire a plusieurs facettes et ne peut être réduite à une seule version.

Que faire ?

En France, dans les programmes éducatifs, le début de l’histoire africaine commence avec l’arrivée des commerçants européens de la traite négrière dans les pays de l’ouest. L’Afrique existe donc grâce aux historiens européens, qui transmettent leur vision du continent. Comment inculquer aux enfants une vision plus diverse des individus issus de pays africains ? Il sera en effet difficile pour un enfant de concevoir l’Européen autrement que supérieur à l’Africain. De même, ce n’est surement pas en intégrant quelques élèves issus de pays anciennement colonisés dans les écoles (bien que cela permette d’établir une forme de vivre-ensemble) que notre vision de l’autre évoluera. Ces élèves intégrés risquent donc de reproduire ce qu’on leur apprend : qu’ils sont inférieurs. Les choses peuvent changer en montrant aux enfants qu’avant l’arrivée des européens en Afrique, il existait des Empires regroupant des armées puissantes ainsi que des savants qui ont construit des villes de grande ampleur comme Tombouctou. En étudiant des textes écrits par des savants chinois lorsqu’en France on étudie l’histoire de la Chine. Nous pouvons détruire le racisme, l’homophobie et le sexisme structurel. Il ne s’agit plus de tolérer mais d’accepter chaque individu afin qu’il puisse s’insérer dans la société.

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