International, Politique

Les défis post-révolutionnaires de l’Egypte

L’Egypte du maréchal Abdel Fattah al-Sissi, qui cherche à réécrire et instrumentaliser l’Histoire de la révolution pour mieux s’imposer et légitimer son pouvoir, fait aujourd’hui face à de nombreux défis. Car, « de jour en jour, la situation se dégrade sans que quiconque ou presque dans les médias ne fasse état de la vie quotidienne, devenue pour beaucoup insupportable » selon Nathalie-Asmaa Truchot, journaliste et photographe. D’abord porteuse d’espoirs, la prise de pouvoir de Sissi ne fait que renforcer la nostalgie des égyptiens pour Hosni Moubarak.

L’économie est au plus bas, l’inflation demeure extrêmement forte et la pauvreté gagne du terrain – plus d’un tiers de la population égyptienne vit sous le seuil de pauvreté. Le pays doit être aidé par la communauté internationale et ses infrastructures financières, en contrepartie de plusieurs réformes permettant à l’Etat de faire des économies… et à la population de se serrer encore davantage la ceinture – en témoigne l’augmentation du prix des carburants par exemple.

Le manque de touristes et d’investisseurs étrangers n’arrange en rien la situation, pas davantage que les dépenses militaires réalisées pour combattre l’Etat Islamique, qui menace le pays au niveau du Sinaï. D’autres sources de financement ont également périclité : « les exportations, le passage de bateaux par le canal de Suez, les transferts de fonds de la diaspora égyptienne » comme le note le journaliste Heba Younes.

Le régime de Sissi se retrouve actuellement confronté à différentes problématiques majeures. Tout d’abord, le pays risque une pénurie d’eau, et la bonne gestion de cette dernière ainsi que du Nil, ressources fondamentales, est primordiale. Un autre défi clé est celui de la santé, qui coûte très cher aux Egyptiens du fait d’une couverture partielle et d’un pourcentage faible du PIB consacré à ce domaine. De même, le problème de la surpopulation est en passe de devenir un enjeu politique de premier plan, combiné aux difficultés économiques du pays. Enfin, la réforme de l’éducation égyptienne demeure un autre domaine d’importance cruciale.

Dans ce contexte, la contestation et la colère de la population grimpent mais restent étouffées par la police. Des tensions sociales couvent dans le pays, toutefois contenues par le pouvoir, soucieux de se maintenir. S’il y a bien un élément que l’on a retenu de la révolution de 2011, c’est que le peuple égyptien n’a désormais plus peur de se soulever contre le régime qui l’oppresse. Et c’est bien ce que craint le maréchal al-Sissi.

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