Armement, Paix et sécurité internationale

Hibakusha. Dessins des survivants d’Hiroshima et de Nagasaki, le ressenti d’un américain

En arrivant aux archives nationales j’ai été impressionné par ce grand et moderne bâtiment. J’y suis entré, gratuitement, pour découvrir l’exposition Hibakusha. Les Hibakusha, terme qui désigne au Japon les survivants des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, sont devenus des symboles contre la guerre et les armes atomiques. Au début, je me trouvais face à une grande verrière où il était exposé des faits terriblement choquants. 80 000 morts d’un coup. 160 000 morts dans les mois suivants les explosions. 40% de la surface urbaine fut détruite, et les voies de communication étaient bloquées à cause de la censure américaine. Par ailleurs, cette verrière montrait aussi la beauté des villes au travers des peintures et des dessins. Cette collection de 200 images n’est qu’une partie des 3 600 dessins présents au Musée du Mémorial de la Paix d’Hiroshima.

 

Je suis ensuite entré dans la salle où se trouvait l’exposition. Les lumières assombrissaient la pièce et on pouvait y entendre une mélodie de piano. Sombre. Dans un mur de bois, il y avait divers dessins et photographies montrant les similarités entre la réalité vécue par les Hibakusha et leurs dessins horrifiques et bruts. Après cela, j’ai vu un grand tableau qui ressemblait à l’enfer. Il y avait des corps empilés sur un décor rouge et noir enfumé. J’ai tourné la tête vers le film, Pica-Don. Je ne pouvais pas le décrocher des yeux. Une journée chaude, une mère et son fils qui se préparent pour l’école, un homme qui va au travail, des petites filles qui prennent le tram, toutes sont des scènes quotidiennes. Tout à coup, la chute de la bombe, un éclair soudain, et des personnes commencent à s’effondrer. L’espace d’un court instant, tout fut détruit, et la belle terre fut transformée en un terrain vague. À la fin du film, on suit un avion de papier lancé par un petit garçon et malgré tout cela, on aperçoit un avenir optimiste où la paix a finalement gagné. Selon moi, ce film résume toute l’exposition car il montre les moments les plus terribles et chaotiques tout en réussissant à nous montrer la beauté du Japon ainsi qu’un avenir de paix.

 

J’ai ensuite marché vers les dessins réalisés. En les regardant, j’ai été frappé par la présence des mêmes motifs sur chacun d’entre eux. Il me semble que tous les Hibakusha ont presque vu les mêmes choses. Ils ont donc créé des images très ressemblantes. Bien que j’ai longuement contemplé leurs images, il n’est pas possible de les décrire véritablement car ils sont si puissants et incroyables. Cependant, en comparant les illustrations, les motifs de l’eau salie par les corps, le feu comme l’enfer sur terre, et les liens avec la famille et les animaux, sont les motifs les plus communs. J’ai vu que, malgré tout, dans ces images sombres, il y avait souvent un côté lumineux. Les témoignages liés aux images les rendent encore plus touchantes. D’ailleurs, ce qui m’a le plus marqué est l’importance des rapports familiaux car cela représente une partie essentielle de la condition humaine. Je dis ça parce que, d’après eux, après ce chaos, les choses les plus importantes étaient leurs liens avec les autres. Au fond, c’était leur raison d’être.

 

Selon ma perspective américaine, ce sujet est délicat car mon pays tient le rôle du “méchant”. Cependant, la plupart des Hibakusha ne blâment pas les américains parce qu’ils comprennent que les pilotes du bombardier Enola Gay étaient aussi des humains suivant des ordres reçus. Après avoir vécu cette tragédie, les Hibakusha souhaitent que tout le monde se considère en tant qu’humains et amis afin qu’un désastre pareil ne se reproduise plus. Aux

 

Etats-Unis, nous apprenons à l’école que la bombe atomique était nécessaire. Il fallait que nous détruisons le Japon afin de sauver la vie des soldats américains. Cependant, selon une perspective historique, le Japon était déjà en train de capituler. Malheureusement, la réalité est que nous avons utilisé la bombe atomique pour montrer notre puissance au monde, et surtout au Soviétiques. À mon avis, il est important pour nous de comprendre et connaître notre histoire afin de ne pas faire les mêmes erreurs. Et d’un autre côté, le fait que deux bombes atomiques soient tombées au Japon ne peut pas les pardonner de leurs crimes de guerre commis en Chine. Pour les deux pays, il faut prendre ses responsabilités et voir la vérité en face.

 

J’ai continué à me promener dans la suite de l’exposition. Malgré le chaos, la douleur, et la mort dans les images, j’ai aperçu un côté fantastique. Plus précisément, il y avait un dessin qui montrait le champignon atomique ainsi qu’un petit papillon. J’étais impressionné par le fait que l’artiste ait montré le champignon atomique comme quelque chose de beau. La dernière partie de l’exposition s’intitulait « l’espoir ». En raison de ces bombardements, Hiroshima est devenue une ville de la mémoire. Chaque année, de vastes cérémonies sont organisées à l’occasion de l’anniversaire du bombardement. Elles transmettent des appels à la paix universelle, et les Hibakusha y tiennent une place centrale. La cérémonie des ​lanternes flottantes est réalisée en souvenir des ceux qui y ont perdu la vie. J’ai tourné sur la gauche et j’ai vu les ombres de petits cygnes en origami. Ce sont des lanternes qui, placées tout en haut, survolent toutes les œuvres. Ces cygnes symbolisent la lutte pour l’espoir. Il nous faut tirer une leçon de cette histoire.

 

Après avoir découvert cette exposition j’ai une analyse bien plus humaine sur la réalité des bombardements atomiques. Je comprends à présent la véritable horreur de la destruction causée par mon pays. Je voudrais que tous les américains comprennent également cette histoire pour que nous voyions le monde à travers une perspective de paix. J’ai pris conscience de l’atrocité de la guerre nucléaire et je ferai tout mon possible pour que cela ne se reproduise jamais.

 

 

Informations : L’exposition est visible gratuitement jusqu’au 30 mars aux Archives nationales – site de Pierrefitte-sur-Seine, et ça vaut vraiment la peine d’y aller ! http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/visites-virtuelles/hibakusha/index.html​.

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